Comment fidéliser les salariés en France?

Les entreprises disposent de nombreux dispositifs financiers pour fidéliser leurs salariés. Actionnariat, épargne salariale et primes permettent de valoriser une marque employeur et d’attirer, motiver et retenir durablement les talents.

Vérifié le 11 mai 2026

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En résumé

  • Les entreprises disposent en France de nombreux outils pour fidéliser les salariés.
  • L’épargne salariale permet de partager la performance ou les bénéfices de l’entreprise avec les salarié grâce aux mécanismes de participation et d’intéressement.
  • L’actionnariat salarié permet d’associer les collaborateurs au capital.
  • Certains dispositifs bénéficient d’un cadre fiscal et social avantageux.

Quels leviers pour fidéliser les salariés en France?

Fidéliser les salariés en France ne repose pas uniquement sur le salaire fixe. Il est possible de structurer une politique de fidélisation autour de plusieurs outils complémentaires, selon la taille de l’entreprise, son statut, sa stratégie de développement et le profil des salariés concernés.

Les principaux leviers sont notamment :

  • L’épargne salariale.
  • L’actionnariat salarié.
  • Les dispositifs de partage de la valeur.

Ces mécanismes n’ont pas tous le même objectif. Certains visent à associer les salariés à la performance de l’entreprise à court ou moyen terme. D’autres cherchent à renforcer leur engagement à long terme, notamment en leur donnant accès au capital ou à une épargne collective.

Qu’est-ce que l’épargne salariale?

L’épargne salariale regroupe plusieurs dispositifs permettant d’associer les salariés aux résultats, aux performances ou aux bénéfices de l’entreprise.

Pour l’employeur, l’épargne salariale peut servir plusieurs objectifs :

  • Fidéliser les salariés.
  • Partager la valeur créée.
  • Valoriser et améliorer l’attractivité de l’entreprise.
  • Structurer une politique de rémunération globale plus compétitive.

Cette épargne salariale peut être versée par versement direct ou par un placement sur des plans d’épargne salariale.

L’intéressement et la participation

L’intéressement  

  • L’intéressement est un dispositif d’épargne salariale facultatif qui permet de verser aux salariés une prime liée aux résultats ou aux performances de l’entreprise.
  • Il peut être mis en place quelle que soit la taille de l’entreprise, par accord collectif ou selon les modalités prévues par la réglementation.
  • Le montant de l’intéressement versé aux salariés varie selon la performance de l’entreprise.

La participation

  • La participation est un dispositif d’épargne salariale qui consiste à redistribuer aux salariés une partie des bénéfices réalisés par l’entreprise.
  • Elle est, en principe, obligatoire pour les entreprises qui emploient au moins 50 salariés par mois au cours des cinq dernières années.
  • Le dispositif doit alors être mis en place au cours du premier exercice comptable ouvert après cette période.
  • Le montant de la participation versé aux salariés varie selon les bénéfices de l’entreprise.

Les plans d’épargne salariale

Les plans d’épargne salariale permettent aux entreprises de structurer l’épargne des salariés dans la durée. Pour un employeur, ils constituent aussi un outil de fidélisation, en complément du salaire, des primes et des dispositifs de partage de la valeur.

Il existe deux grandes catégories de plans :

  • Les plans d’épargne à moyen terme, comme le PEE (plan d’épargne entreprise) ou le PEI (plan d’épargne interentreprises).
  • Les plans d’épargne retraite, comme le PER.

Les dispositifs peuvent, selon les cas, être mis en place à l’échelle d’une entreprise ou mutualisés entre plusieurs entreprises.

Déblocage de l'épargne salariale

Le déblocage de l’épargne varie en fonction des plans :

  • Les sommes versées sur un PEE ou un PEI sont en principe bloquées pendant 5 ans. Des cas de déblocage anticipé sont toutefois prévus, notamment en cas de mariage, de naissance, d’invalidité, de décès, de rupture du contrat de travail ou d’acquisition de la résidence principale.
  • Les sommes versées sur un plan d’épargne retraite d’entreprise sont, en principe, bloquées jusqu’à la retraite, avec certains cas de déblocage anticipé prévus (acquisition de résidence principale, décès du titulaire ou du conjoint, invalidité, etc.).

Qu’est-ce que l’actionnariat salarié?

En France, l’actionnariat salarié permet à l’employeur d’associer les salariés au capital de l’entreprise et de renforcer leur fidélisation à moyen ou long terme. Il peut être mis en place dans les sociétés par actions, cotées ou non.

Selon la structure de l’entreprise et les objectifs à destination des salariés, l’employeur peut notamment recourir à :

  • Une augmentation de capital réservée aux salariés.
  • Une cession de titres réservée aux salariés.
  • L’attribution d’options de souscription ou d’achats d’actions (stock-options).
  • L’attribution gratuite d’actions (AGA).

Mise en place de l’actionnariat salarié

L’actionnariat salarié peut notamment être mis en place :

  • Lors d’une augmentation de capital réservée aux salariés.
  • Dans le cadre d’une distribution d’actions gratuites.
  • Via des plans d’épargne salariale.
  • Par l’attribution d’actions, d’actions gratuites ou d’options de souscription.

Les stock-options

Les stock-options sont des options de souscription ou des options d’achat d’actions.

Les stock-options permettent à l’employeur d’offrir à certains salariés et aux dirigeants de société par actions d’acheter des actions à un prix préférentiel fixé à l’avance. Elles peuvent être utilisées pour attirer des profils clés, encourager l’engagement dans la durée et associer les bénéficiaires à la création de valeur de l’entreprise.

Les stock-options permettent :

  • D’offrir un potentiel de gain en cas de hausse de la valeur de l’entreprise.
  • De devenir actionnaire à des conditions avantageuses.
  • De générer une plus-value à la revente.

En savoir plus sur l’actionnariat salarié le site de l’administration fiscale française.

Les attributions gratuites d’actions (AGA)

Les AGA permettent à l’employeur d’attribuer gratuitement des actions à des salariés ou à certains dirigeants, afin de renforcer leur fidélisation et de les associer durablement au développement de l’entreprise.

Elles sont décidées par l’assemblée générale extraordinaire et peuvent être assorties de conditions de présence ou de performance.

Les AGA permettent d’attribuer des actions sans contrepartie financière :

  • Elles sont décidées par l’assemblée générale.
  • Elles peuvent être conditionnées à des critères de performance.
  • Elles renforcent la fidélisation sur le long terme.

Ce dispositif bénéficie d’un cadre social et fiscal spécifique.

En savoir plus sur les AGA sur le site de l’administration fiscale française.

Visiter impots.gouv.fr

Les bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE)

Les BSPCE sont un outil d’actionnariat destiné aux sociétés par actions qui permettent à l’employeur d’offrir à certains salariés ou dirigeants le droit de souscrire ultérieurement des actions de l’entreprise à un prix fixé à l’avance.

Ils constituent un levier de recrutement et de fidélisation, en particulier pour les entreprises innovantes ou à fort potentiel de développement.

  • Ils permettent d’acquérir des actions à un prix préférentiel.
  • Ils bénéficient d’un régime social et fiscal attractif.
  • Ils sont réservés aux sociétés par actions (comme les SA et SAS) sous conditions.

Sociétés pouvant émettre des BSPCE

Pour pouvoir émettre des BSPCE, les sociétés doivent respecter les critères suivants :

  • L’entreprise doit être récente (moins de 15 ans) et non cotée ou de petite capitalisation boursière et ne pas avoir été créée dans le cadre d’une concentration, restructuration, extension ou reprise d’activité.
  • Elle doit être soumise à l’impôt sur les sociétés.
  • Son capital doit être directement et de manière continue détenu à 25% par des personnes physiques ou par des personnes morales elles-mêmes détenues au moins à 75% par des personnes physiques .

Qu’est-ce que la prime de partage de la valeur?

La prime de partage de la valeur permet de verser un complément de rémunération :

  • Elle est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 3 000 € par an et par salarié.
  • Elle peut être exonérée de 6 000 € par an et par salarié si l’employeur met en place un dispositif d’intéressement ou de participation volontaire.

Le montant de la prime de partage de la valeur est la même pour l’ensemble des salariés mais peut être modulée en fonction de certains critères (rémunération, classification, ancienneté, etc.).

Cette prime est facultative sauf pour les entreprises qui remplissent les critères suivants :

  • L’entreprise a un effectif compris entre 11 et 49 salariés. 
  • L’activité de l’entreprise est exercée sous la forme juridique de société.
  • Le bénéfice net fiscal est au moins égal à 1 % des recettes pendant 3 années consécutives.

Si la société remplit ces conditions, le versement de la prime sera obligatoire pendant 5 ans.

Tout ou partie de de cette prime peut être affectée à un plan d’épargne salariale.

A retenir

Cette page explique les dispositifs de fidélisation des salariés en France et les outils permettant d’associer les collaborateurs à la performance de l’entreprise. Elle s'appuie sur des sources institutionnelles telles que le Code du travail et les dispositifs d’épargne salariale. Elle présente des informations qui relèvent de l’actionnariat salarié, de l’épargne salariale et des mécanismes de partage de la valeur. Elle prend comme exemple le cas d’une entreprise mettant en place des dispositifs financiers pour motiver, attirer et retenir ses salariés sur le long terme.